C’est la réouverture de la chasse (aux malades) .
« Extrait du guide pratique envoyé à tous les chefs de service et intitulé: « Il faut faire quelque chose contre l’absentéisme (les absences pour maladie) »
Quelles sont les causes de l’absentéisme ?
Dans 40 % des cas, la cause est la situation de travail dont parfois la relation entre le chef et son collaborateur.
On distingue trois types de causes :
l’environnement de travail et l’organisation
l’individu
la société
Du point de vue des employeurs : l’âge, la santé, la motivation, des problèmes d’ordre privé.
Du point de vue des syndicats : les mauvaises conditions de travail, le style de direction …
La motivation d’un agent dépend de l’équité de sa situation par rapport à ses collègues notamment vis-à-vis de ses efforts, de ses compétences et de la reconnaissance dont il jouit.
Si l’employeur en demande trop, il y a un risque accru d’absence de longue durée comme des dépressions. A l’inverse, si l’employeur demande trop peu, on constate des absences de courte durée parce que l’agent se sent moins impliqué.
Le stress.
Il joue un rôle dans un tiers des cas de maladie !
Il y a stress lorsque la charge de travail est importante et qu’il s’ensuit que l’agent ne peut déterminer son rythme, avec des congés ou des horaires à son gré, ne peut participer aux objectifs.
Le soutien des supérieurs et des collègues influent beaucoup sur le stress. Si une situation de stress apparait, il est important que l’agent et son supérieur trouvent des solutions.
Pour résister au stress :
croire en soi et en ce que l’on fait et s’investir entièrement
être convaincu de pouvoir influencer sur le cours des choses par ses propres actions
relever des défis
Le stress et une tension peuvent provenir d’une peur de l’échec, surtout s’il y a des conflits avec les collègues, si le rythme de travail n’a pu être déterminé par la personne elle-même, si elle n’a pu trouver des accords sur les jours de congé, les horaires, si elle n’a pu participer à l’établissement des objectifs …
Causes liées à l’individu :
Chaque personne réagit différemment face à une situation de stress.
Quelles sont les caractéristiques des personnes les plus sensibles au stress ?
les personnes introverties et sensibles
les personnes qui veulent faire un maximum de choses en un minimum de temps. Elles sont chroniquement impatientes
les personnes renfermées avec des sentiments négatifs (angoisse, insatisfaction)
les personnes qui attribuent le bonheur ou le malheur à des circonstances externes
L’absentéisme dépend de la motivation de l’agent, s’il a le sentiment d’être important voire indispensable au sein du service. Dans ce cas, le supérieur a un rôle-clef :
En soulignant fréquemment l’utilité et la valeur des réalisations de l’agent
En l’impliquant dans des décisions
En lui offrant une plus grande autonomie et de contrôle sur sa situation de travail
Des causes extérieures peuvent aussi influencer indirectement les absences :
Service de garderie ou pas, transports en commun gratuits
Les femmes s’occupent encore souvent du ménage
Les jours de maladie sont entièrement payés
Quel est le coût de l’absentéisme ?
L’absence pour maladie a un impact non seulement financier mais aussi sur le travail d’une équipe, d’un service, sur les collègues, les clients …
Le malade, outre ses frais médicaux, souffre d’une relation perturbée avec ses collègues, voire une perte de salaire ou d’emploi.
Les collègues doivent assumer les conséquences de son absence.
L’employeur doit changer les plannings, chercher un remplaçant …
Enfin, le malade coûte en n’étant pas actif et en dépenses de soins de santé, soit à la sécurité sociale.
On distingue trois sortes d’absentéisme :
L’absentéisme blanc (+/- 20 %) : manifestement malade (opération, …)
L’absentéisme noir (+/- 5 %) : abus évident : n’a pas envie de travailler
L’absentéisme gris (+/- 75 %) : incertain. Transition progressive entre l’absentéisme blanc et l’absentéisme noir. Les symptômes de la maladie sont réels mais l’agent n’est-il absolument pas en état de travailler ? N’est-ce pas une question de motivation ?
Il y a des différences significatives entre les fonctions, les niveaux, les hommes et les femmes, les temps pleins et les temps partiels, les statutaires et les contractuels …
Différence aussi dans le comportement des individus face aux mêmes symptômes.
L’administration fédérale doit réduire au maximum les absences pour maladie de son personnel.
Quels sont les motifs de satisfaction de l’agent dans son travail ?
sentiment de faire un travail utile
quantité de travail, rythme, contenu, responsabilités, degré de difficulté
le bruit, lieu de travail agréable, sécurité
possibilité de carrière, sécurité d’emploi, appréciation du travail, horaires flexibles, télétravail
ambiance de travail, contacts avec les supérieurs et les collègues
soutien des supérieurs, droit à l’initiative et à la concertation…
Qu’est-ce qui conduit à l’absence ?
1. trop de facteurs négatifs réunis
2. les facteurs négatifs ne sont pas suffisamment compensés par des facteurs positifs
Afin d’éviter une situation d’absence :
Une bonne organisation du travail
Ouverture à la discussion, à la communication
Aplanir les niveaux hiérarchiques
Responsabiliser l’agent dans son travail
Expliciter l’intérêt du service
Souci de la part du management de la santé physique et psychique de l’agent
Traiter l’agent avec autant de respect que les clients
De quoi va dépendre l’absentéisme ?
de la gravité de la maladie
de la motivation personnelle au travail
de la pression du milieu de travail pour venir tout de même travailler :
a) par des contrôles
b) acceptation ou non de la part des collègues et des chefs
c) par des mesures éventuelles en cas d’absences problématiques
d) l’agent doit informer son chef de son absence personnellement, par téléphone de préférence
Dans le cadre d’une gestion des absences pour maladie, il y a plusieurs initiatives :
Une formation organisée par l’ IFA à l’intention des chefs de service
Développement par MEDEX d’un système informatique pour collecter, traiter et rendre compte
Contrôles médicaux performants
Gestion des absences pour maladie dans la politique des ressources humaines
Quelle doit être l’attitude du chef face à l’absence de l’agent ?
- aide exigeante, interpeller, dans l’intérêt du service et le respect du malade et de ses collègues.
Le chef peut discuter avec son équipe de ce qu’il pourrait faire de plus, de moins ou autrement.
Mesures à prendre.
Le service du personnel doit préciser :
La procédure de notification de maladie auprès du chef direct
Le contact entre le chef et l’agent durant l’absence
Les noms des personnes que l’agent doit contacter en cas d’absences pour maladie et les n° de téléphone du service social, du conseiller en prévention interne et de la personne concernée au sein du service du personnel
Les dirigeants tiendront un calendrier individuel des absences et les moyennes de fréquence et de durée pour toute l’institution.
Pourquoi prévenir le chef direct de la maladie ?
le chef manifestera de l’intérêt pour l’agent malade
il aura connaissance de la durée probable de l’absence
il pourra répartir le travail en conséquence
En cas d’absences fréquentes, il est indiqué un entretien formel pour détecter les causes et y remédier si c’est lié à l’organisation du service.
Contrôles MEDEX
Objectif : 30 % de maladie d’un jour
20 % des autres maladies
Les absences de courtes durées perturbent plus le service que les longues.
Mesures de prévention
donner à l’agent le sentiment d’un travail utile
l’agent sait ce qu’on attend de lui et trouve le travail intéressant
charge de travail normale
fonctions plus attrayantes, enrichies ou élargies
les agents sont responsabilisés au maximum
placer « la bonne personne au bon endroit »
mobilité interne plus souple
sentiment de sécurité, de sincérité et de convivialité (= bonne ambiance de travail)
perspectives de carrière
bonnes conditions de travail qui influeront sur la santé physique et mentale de l’agent
récompenser l’agent pour ce qu’il apporte
bonne organisation des congés
meilleure communication entre le supérieur et l’agent
meilleure formation et information des chefs directs par le service du personnel (coaching)
mesures préventives en matière de bien-être au travail (dont une analyse de risque par les SIPPT)
le conseiller en prévention veillera au bien-être au travail (mobilier et matériel, ergonomie, travail sur écran, les bureaux, la nourriture proposée…)
Pour le groupe des « collaborateurs à risques »
fournitures des chaises de bureau et d’écrans adaptés (ergonomie) et leur utilisation correcte
promotion du sport
lutte contre le tabagisme
offre d’une nourriture saine
si nécessaire, un masseur sur le lieu de travail
Le diabète de type 2 est l’une des principales causes de l’absentéisme.
La mesure la plus efficace pour lutter contre l’absentéisme gris est de stimuler un mode de vie sain.
Conseils donnés aux chefs lorsque l’agent téléphone pour notifier sa maladie :
manifester de l’intérêt à l’égard de l’agent
s’enquérir de la durée prévue de l’absence
y a-t-il des dossiers urgents, suivi du travail
lui rappeler d’envoyer un certificat médical à MEDEX
montrer que son absence est fâcheuse mais sans l’accuser
ne pas émettre de jugement
Questions supplémentaires souhaitées :
Comment allez-vous ?
Etes-vous gravement malade ?
Quel est votre avis sur la durée de l’absence ?
Où en est votre travail ?
Avez-vous ders rendez-vous, des réunions… prévues durant votre absence ?
Si le médecin n’est pas encore passé, prévoir qui rappellera et quand. Essayer d’avoir un contact direct avec l’agent.
Veiller à ce que l’agent reste en contact avec l’équipe.
Durant son absence, garder le contact : par téléphone, maximum 1x / semaine.
Au domicile : seulement après 30 jours, après avoir informé l’agent et avec son accord.
Lui montrer alors qu’il manque, sans lui faire de reproche ou mettre la pression.
Lui parler du suivi de ses dossiers.
Lui demander quand il espère revenir et convenir d’un nouveau contact.
Si l’agent refuse une visite à domicile, tenter de garder le contact par téléphone.
Si le contact est mauvais entre le chef et l’agent, les collègues pourront lui rendre visite à domicile.
Si l’agent n’a pas de téléphone : il faut lui demander avant toute absence de la manière de communiquer si maladie de longue durée.
Le retour après absentéisme.
Un entretien de retour est prévu surtout en cas d’absence de longue durée.
En cas d’absence de longue durée, il est préconisé un entretien entre l’agent et son supérieur direct.
Trop de compréhension et de soutien de la part de celui-ci conduit à des absences plus longues !
L’entretien a lieu le jour de la reprise de travail.
Le chef devra :
S’informer de la santé de l’agent sans parler de la maladie
Examiner si l’agent est en état d’effectuer ses tâches
Vérifier sis a maladie est liée à sa situation au travail (autonomie, type d’activités exercées, sécurité, pression du travail, ergonomie, bruits, possibilité de formation et de carrière, relations avec les collègues, son chef…)
Si c’est le cas, chercher des solutions ensemble.
Prendre un accord écrit.
Le chef peut se faire aider.
Durant l’entretien, faire sentir à l’agent qu’il est le bienvenu et le mettre à l’aise. Prendre le temps, s’enquérir après un jour si tout se passe bien. Rester le plus neutre possible.
Démontrer à l’agent qu’il est plus souvent malade que les autres. Lui demander le pourquoi, une explication.
Ne sont pas considérés comme absences pour maladie :
les accidents de travail et les maladies professionnelles
les congés de maternité et l’éloignement du lieu de travail
le congé social ou de circonstance
DIVERS
L’article 4 de la loi du 04.08.1996 (MB 18.09.1996) définit les 8 domaines de bien-être :
1. la sécurité au travail
2. la protection de la santé (médecine du travail)
3. la pression psychosociale causée par le travail
4. l’ergonomie
5. l’hygiène de travail
6. l’embellissement des lieux de travail
7. les mesures en matière d’environnement et la protection contre la violence
8. le harcèlement moral et le harcèlement sexuel
C’est l’article 36 de cette même loi qui prévoit la création de SIPPT (services internes pour la prévention et la protection au travail).
Pour l’administration fédérale, l’A.R. du 11.03.2005 a créé le SCPPT, le service commun pour la prévention et la protection du travail qui agit préventivement sur les 8 domaines de bien-être, contrairement à MEDEX qui contrôle.
Comme critère principal pour les contrôles ciblés, MEDEX utilisera à terme le facteur de Bradford (nbre de jours de maladie x fréquence2) d’où il ressort que de nombreuses absences de courte durée perturbent d’avantage le service qu’une seule absence de longue durée.
Le MEDEX et le SCPPT collaborent avec le SPF P&O pour une politique en matière d’absentéisme.
(Réalisé par BAILLY Philippe, président de la régionale SLFP-Finances Mons-Hainaut
Septembre 2010)